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Voir la vie autrement



Ensemble de Mandelbrot coloré différemment

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_____________________________1) La perception_____________________________


Les 6 images du haut et l'image du bas représentent exactement la même forme fractale, c'est la forme d'une partie de l'ensemble de Mandelbrot. L'ensemble de Mandelbrot est un ensemble déterminé de points dessinant une carte d'altitudes, comme une carte de randonnée. Ces altitudes sont comprises entre 0 et 1 et sont associées linéairement à un dégradé de couleur faisant apparaître ou gommant les lignes de niveau.

La différence entre les images, à part leur taille, est la palette de couleurs utilisée.
Celle-ci influence considérablement la forme obtenue, selon les lignes de niveau mises en évidence.
On sent la ressemblance, mais c'est la différence qui est la plus flagrante.
Ainsi on voit que la façon de traiter la perception est aussi importante que la perception elle-même.
Dans le traitement de la perception comme dans la vie, on fait des choix et on en abandonne d'autres.
Il en résulte la forme du monde dans lequel on vit, ses croyances, ses vérités, ses limites, son espace, sa société.

L'être humain perçoit par ses sens des ondes dans des limites précises de fréquence.
Les yeux voient du rouge au bleu en passant par le vert. On ne perçoit ni les infrarouges ni les ultraviolets par les yeux.
Les oreilles perçoivent de la limite de l'infrason (son trop grave) à celle de l'ultrason (son trop aigü).
La chimie vue en tant qu'onde de forme a ses limites, on ne perçoit pas certains goûts ni certaines odeurs.
La peau supporte la chaleur sans excès et le froid dans certaines limites.
On perçoit d'autres ondes, plus subtiles, dont nous n'avons pas forcément conscience.

La fréquence d'une onde est dépendante du temps. On ne perçoit que les phénomènes qui vibrent à des fréquences similaires aux nôtres. Par exemple on perçoit difficilement les phénomènes dont la période est plus longue qu'une vie humaine. De même on a du mal à voir la paisible rotation d'un électron paresseux autour de son noyau chéri.
En fait la fréquence d'une onde dépend de la vitesse d'observation, donc de la fréquence d'onde de l'observateur.

Partant du constat que l'on ne perçoit pas tout et que l'on n'a pas toujours conscience de tout ce que l'on perçoit, nous allons approcher la vie avec les précautions d'un aveugle. On sait que l'on a vu des formes de vie mais a-t-on vu la vie qui les traverse?

___________________________2) Définition de la vie___________________________


Pour l'instant la science nous propose un inventaire de ce qui est vivant et de ce qui ne l'est pas.
La même solution a été choisie pour la définition de la conscience. C'est un autre inventaire.

Pour parler ces inventaires, les psys sont de parfaits interlocuteurs. Imaginez que vous soyez dans un hopitâl psychiatrique avec pour objectif de sortir dès que possible. Dans le cas où vos réponses personnelles sont différentes de celles que je vais présenter, imaginez-vous en train d'expliquer à un psy que les plantes sont conscientes sans passer pour un fou.

Les psys font d'excellents gardes-fou, car ils gardent les limites de l'espace des croyances autorisées. Cet espace est inclus dans l'espace des croyances scientifiques. Au-delà se trouve l'abominable territoire de la folie.
Le territoire de la raison étant limité, on est soit fou soit cerné par la folie.

Revenons aux inventaires. Je n'adhère pas à tout mais en voici une partie :

minéral : non vivant, non conscient
végétal : vivant, non conscient
animal : vivant, non conscient
humain : vivant, conscient

feu : non vivant, non conscient
métal : non vivant, non conscient
terre : non vivant, non conscient
bois : vivant, non conscient
eau : non vivant, non conscient
air : non vivant, non conscient

vide éthérique : non vivant, non conscient
hallucination : non vivant, non conscient
idée : non vivant, non conscient
amour : non vivant, non conscient
intention : non vivant, non conscient
planète : non vivant, non conscient
ètoile : non vivant, non conscient
univers : non vivant, non conscient
dieu : vivant, conscient (information peu reconnue dans le milieu scientifique, lien manquant entre dieu et l'univers)
mort : non vivant, non conscient
cadavre : non vivant, non conscient
bactérie : vivant, non conscient

coeur : non vivant, non conscient (sans le corps)
cerveau : non vivant, non conscient (sans le corps)
anus : non vivant, non conscient (sans le corps)
orteil : non vivant, non conscient (sans le corps)
sexe : non vivant, non conscient (sans le corps)

sperme : non vivant, non conscient
ovule : non vivant, non conscient
ADN : non vivant, non conscient
plan de construction : non vivant, non conscient
engin de construction : non vivant, non conscient
atome : non vivant, non conscient
molécule : non vivant, non conscient
amibe : vivant, non conscient
cellule : non vivant, non conscient (sans le corps)

C'est bien, mais que fait-on quand on rencontre une forme ne rentrant dans aucune catégorie connue? Comment la classe-t-on? Vivante? Non-vivante? Consciente? Non-consciente? De quels outils dispose-t-on vraiment pour décider?

__________________________3) Approche de la vie__________________________


Ce qui saute aux yeux dans un premier temps, c'est l'anthropocentrisme de ces inventaires.

Un premier pas pour voir la vie et la conscience est de jouer avec ces inventaires en ayant autant foi qu'avant en leur véracité.

Un premier jeu consiste à imaginer des formes conscientes et non vivantes.
N'en ayant pas encore trouvé ni imaginé, j'en cherche encore.
Il semble que la conscience soit une forme de vie.

Maintenant imaginons des animaux conscients. Quelquefois, on se dit qu'il ne leur manque que la parole. Peut-être qu'il ne nous manque que l'attention.

Essayons les plantes. Là ça devient délicat. Un jour je discutais tranquillement avec l'une d'entre elles et soudain elle me dit :
"Mon dieu! Si mes copines me voyaient discuter avec un humain, elles me prendraient pour une folle!"

Avançons un peu plus, en partant de votre position de lecture :

Je ne pourrais pas lire ce texte sans vivre, donc je vis. Ce qui me permet de le valider est le fait que je perçois, je réfléchis et j'agis en fonction des résultats de ma réflexion basée sur mes perceptions. Qu'est ce qui fait que je vis ? Je peux vivre sans mes membres, ce qui serait certes un sérieux handicap. Puis-je en conclure que ma vie n'est pas située dans mes membres ? Je peux vivre sans ma perception mais je risquerais de mourir à chaque geste sans m'en apercevoir. Je ne peux pas vivre sans coeur, ni sans cerveau. Mais vivrais-je vraiment, limité à ces deux organes dans un bocal ? Le fait est est que je serais privé du pouvoir d'agir et de celui de percevoir. Je serais, tel un plan d'eau miroitant, uniquement capable de réfléchir.

Alors qu'est-ce qui me rend vivant ?
Est-ce simplement ma capacité à être susceptible de mourir qui me donne vie depuis ma naissance ?
Quelle est cette pression incessante qui m'oblige à évoluer ?

_________________________3)a) L'évolution du caillou_________________________


Nous arrivons à plus difficile. Commencer à voir la vie un peu partout.
Rendons une pierre vivante. Premier problème : elle n'évolue pas par elle-même. Regardons la vie d'une pierre alors:

- Bonjour Roger Duroc, quelle âge avez-vous?
- 27.
- Ah! J'ai moi-même 35 ans, je vous ai vu naître.
- 27 siècles.
- Euh, où êtes vous né?
- Aux pieds de ma mère.
- Oui? A quel endroit précisemment?
- Sur cette planète.
- Euh, qui sont vos parents?
- Mon père est un glacier et quand son liquide a pénétré la fissure de la montagne ma mère, l'explosion m'a libéré.
- Revenons sur votre lieu de naissance, quelles indications pourriez-vous nous donner pour nous faire une idée?
- Suffisamment près pour qu'on se rencontre. Vous savez, j'ai pas mal roulé ma mousse, les lieux m'importent peu car je me déplace très souvent, un an par-ci, un siècle par-là. Je n'ai pas de racine pour me laisser porter par le vent et sculpter par l'érosion.
- Vous me semblez immortel. Vous prendriez-vous pour Dieu?
- Non! Si la terre meurt, je pars avec. Par ailleurs la durée de vie d'un caillou de mon espèce se compte en millénaires, pas plus.
Là je vais entrer dans ma troisième cristallisation et je dois me reposer. J'ai envie de me diviser pour avoir des enfants, mais je veux encore vivre, avant.
- Bien! Merci pour votre présence.

Visiblement une pierre évolue mais beaucoup plus lentement que nous.
Sommes-nous bien placés pour décider qu'un caillou est inerte?
Nous ne vivons pas assez longtemps pour passer une partie de nos loisirs à observer l'évolution entière d'un caillou. Nous ne voyons pas les cristaux pousser, ni les montagnes se presser ou s'éroder. Nous vivons trop vite et pas assez longtemps.

Nous sommes dans la situation d'un éphémère en train de regarder un poisson :
- Le poisson était là quand je suis né, il est là quand je pars. Croyez-moi mes enfants, le poisson n'est pas vivant. Il fait partie des objets chariés par l'eau.
- Oui père, le poisson est inerte.

Et ainsi une légende est née !

_____________________3)b) Les moeurs cachées du caillou_____________________


Nous avons vu le caillou naître d'un accouplement d'êtres visiblement ni de la même espèce, ni de la même nature. C'est presque choquant! Allons tout de même plus loin. Le caillou se reproduit-il? Oui, mais c'est la mort pour lui. Il meurt à une forme pour renaître dans d'autres. C'est la fameuse "réincarnation du caillou".

Lorsque le caillou mâle veut séduire la femelle, il attire vers lui l'être mobile le plus proche susceptible par une de ses actions de le déplacer. De fil en aiguille, parfois en à peine une semaine, le caillou se place de façon à ce que le soleil fasse briller ses différentes facettes. Lorsque la femelle est d'accord elle fait signe au mâle, l'éblouissant de feux scintillants. Il se synchronisent alors.


* Parenthèse Théatrale*


Ce soir, lecture de :
Roméo et Juliette


Acte I : Le fameux rendez-vous

Roméo était un caillou de la mine, un vulgaire granit. Gris partout, vaguement rond et plutôt doux à l'écrasement. Ses amis le surnommaient "l'humain" parce qu'il préférait se faire déplacer à pieds d'humains.

Juliette, quartz rose de la Montagne Sacrée du Haut Val des Bois Verts Même l'Hiver se maquillait tranquillement dans sa mousse. Ses arrêtes droites divisaient la lumière avec la précision d'un diamant en chaleur.

Elle observa consciencieusement son socle et le soigna rapidement, elle aimait se chronométrer pendant cette phase. A peine 1 mois, moins que le siècle dernier, mais plus qu'à l'époque du crucifié lumineux. "Je n'ai plus l'énergie de mes 20 millénaires" songea-t-elle.

Elle voulait revoir Roméo, son granit adoré, mais leurs familles ne se supportaient pas.
"Les granites font toujours rentrer de la terre dans les grottes" disait sa mère.
Le père de Roméo quant à lui ne supportait pas "la suffisante arrogance et l'arrogante suffisance" des cristaux.

Roméo attendait l'humain quand il commença à pleuvoir. Trempé comme un acier, il sortit ses idées claires pour se protéger de la froide bruine. L'humain était souvent en retard ce siècle-ci. Des bruits couraient disant que beaucoup de cailloux étaient revenus à la fourmi pour se déplacer car c'était plus lent, plus précis et plus progressif.

La famille de Roméo utilisait pour ses transports la même famille d'humains depuis 13 millénaires. Mais, la source se tarissant, il semblait qu'ils devraient certainement changer de famille. La famille d'humains des parents de Juliette aurait tout à fait convenu, si ce n'étaient les affreux différends des parents des amoureux sur des choses certes extrêmement sérieuses, mais qui en aucun cas ne sauraient empêcher des êtres qui s'aiment de se le prouver d'aussi près que possible.
Sacrifier la vie à la mort... Quel gâchis ! Quelle lâcheté !

L'humain arriva enfin, beaucoup plus jeune que prévu. Allait-il avoir assez de force?

Acte II : Les somptueuses retrouvailles

L'humain grandit rapidement et finit de déplacer Roméo en quelques mois seulement. Il arriva enfin chez juliette.
Juliette et Roméo se voyaient en secret tous les siècles depuis trois millénaires. Ils avaient toujours rendez-vous chez elle, car elle ne voulait pas se salir. Ils s'aimaient ainsi en se rapprochant et parfois même en se touchant.

Ils se heurtèrent longuement, un contact voluptueux embrasa leurs structures et ils se réchauffèrent. Juliette brillait de plaisir pendant que Roméo ronronnait une mélopée de l'époque du Grand Jacouzi en Fusion.

Ils se touchèrent ainsi pendant des siècles, se serrant l'un contre l'autre, profitant du fragile instant magique de cet amour interdit.
Ils échangèrent leurs énergie car ils désiraient ardemment changer de forme et faire des enfants.

Ils s'entre-choquèrent une dernière fois de plusieurs mois puis furent séparés l'année prévue par leur humain respectif.

Acte III : L'horrible tragédie de la souffrance écorchée qui fait mal

Juliette énerva son humain tant qu'il réagit vivement, la léguant en héritage à son arrière arrière petit fils. Mais cet humain était encore plus maniaque que le précédent. Quand il posait un objet, c'était l'adieu à la mobilité. Il les regardait à peine, les montrant encore moins. Juliette devait déployer toute son énergie pour le mener à elle, elle fit des alliances et finit rapidement par connaître tous les êtres de la maison. De génération en génération, Juliette attendait que son humain apparaisse enfin.
Il naquit un instant d'été et à peine 15 ans plus tard, vit Juliette et l'amena dans sa chambre. Là il la posa délicatement en hauteur, au-dessus de la tête de son lit. Juliette se mit en place et attendit la femme de ménage.

La famille de Roméo avait perdu son principal moyen de transport, la source d'humains s'étant tarie comme prévu. Son meilleur ami, son frère de montagne, lui montra sa fourmillière personnelle et lui indiqua un excellent bois où il pourrait en trouver une.
Roméo chevaucha sa nouvelle fourmillère et partit vers la maison de Juliette. Il avait appris son déménagement à peine quelques siècles plus tôt, par un pigeon et confirmé par un couple bien curieux, constitué d'un chat et d'une souris.

La femme de ménage arriva à peine 3 ans plus tard, alors que Juliette finissait juste de se polir les pointes. Comme prévu, la femme était en colère. Tout se passa très vite, la femme de ménage vola Juliette, la prit chez elle et la légua à la femme de son petit-fils, laquelle la transmit à sa fille, Colinne. Colinne eut un soupçon d'affection pour Juliette pendant un court instant. Mais trois ans à peine suffirent pour que Colinne la casse en la montrant principalement à n'importe qui. A sa mort, Juliette se transforma en 11 cristaux et 13 éclats qui se dispersèrent en 17 directions différentes.

Roméo arriva à peine 8 siècles après la mort de Juliette et en retrouva 19 morceaux. Il prit en son coeur le plus beau des morceaux et le protégea dans sa masse, lui donnant toute son eau. Ils vécurent encore longtemps ainsi, savourant l'abject plaisir de ne pas offrir une fin atroce à cette histoire. Ils vécurent aussi longtemps que la planète Terre.

* Fin de la parenthèse Théatrale *

- Dis maman tu m'en racontes une autre histoire du Système Solaire?
- Non, pas ce mois je suis fatiguée. Et puis ce n'est plus de ton âge, tu sais bien que le système solaire n'existe plus.


___________________________3)c) La mort du caillou___________________________


Le caillou réagit comme l'humain à la mort, il change de forme et se disperse sur le sein de sa mère et sous les yeux de son père.
Le caillou possède les propriétés suivantes :
- il naît
- il évolue
- il se reproduit
- il meurt

Cela en fait-il un candidat acceptable pour la définition de vivant?


________________________________4)L'amour________________________________


Revenons à nos images fractales.

Il y a une autre différence entre les images du haut, c'est l'attention que j'ai portée à leur création, le plaisir que j'ai pris à les contempler, à les habiller de belles couleurs, à travailler leur cadrage et leur mise en valeur.

Les plus belles formes sont celles qu'on préfère. On leur donne de l'amour, on les aime. La beauté ne saurait être mise en équation, c'est lié à l'amour de l'observateur lequel fait donc partie des variables d'une éventuelle équation de la beauté.

Pour créer la vie, il faut au minimum l'amour d'un père et d'une mère.
Dans tous les cas l'amour est nécessaire à la vie et le manque d'amour conduit à la mort.

Pour chercher où se loge la vie on peut commencer par aimer ce que l'on perçoit, aimer les formes, les couleurs, les sons. Apprécier l'énergie qui circule entre et autour des êtres.

Pour créer la vie nous allons créer une mère (une forme d'onde porteuse) et un père (une forme d'onde modulatrice).
Puis nous allons les synchroniser, les faire vibrer, les faire résonner et observer le résultat. Nous allons les accoupler, comme pour faire des enfants !

C'est sur ce principe très accessible que les principaux outils créatifs d'AnAcondA ont été développés. Je vous laisse juger du résultat.


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